Distributique No 335 : initiatives

Bis Repetita : un casseur écolo

Bis Repetita se diversifie dans la déconstruction de matériel informatique. Il vient de se doter d’équipements conformes à Iso 14001, la norme qui garantit la compatibilité avec la réglementation relative à l’environnement.

Depuis mardi dernier, le broker toulousain Bis Repetita peut apposer un nouveau sticker sur sa façade : la norme Iso 14001. Deux ans après avoir créé son centre de déconstruction, l’objectif est donc atteint. Cette norme garantit qu’il a pris les dispositions nécessaires " au respect de l’environnement et à la recherche d’une amélioration permanente de ses performances environnementales ". En effet, pour Christian Rouch, Dg fondateur de Bis Repetita, l’avenir de son entreprise rime avec la " destruction environnementale " des vieux matériels informatiques.

Un droit de stockage limité aux déchets " ultimes "

Pour lui, l’un des principaux problèmes liés à l’activité de broke est le recyclage des matériels devenus inutilisables. " Lorsque nous récupérons un parc entier, que faire des machines non réutilisables ? ", explique le dirigeant. D’autant qu’à partir du 1er juillet 2002, une disposition communautaire reprise de la loi du 12 juillet 1992 (rénovant la loi cadre du 15 juillet 1975) limite le droit de stockage en décharge aux seuls déchets ultimes, c’est-à-dire ceux que l’on ne peut plus réduire ou traiter. Un " handicap " que Christian Rouch métamorphose en facteur de développement. " Les sociétés vont devoir trouver des débouchés pour leurs vieux matériels ", remarque-t-il. Une transformation dans laquelle Bis Repetita a investi, selon son dirigeant, près de 500 000 E au cours des deux dernières années : audit par un cabinet de R&D, installation des locaux, acquisition d’une machine permettant de dépolluer les tubes des écrans, etc. Aujourd’hui, l’entreprise commence à récolter les fruits de ses efforts. " Nous avons déjà quelques dossiers portant sur la déconstruction de parcs ", affirme Christian Rouch " et l’obtention de la norme Iso 14001 nous permettra de développer cette activité de façon conséquente ". Le dirigeant affiche d’ailleurs des objectifs ambitieux puisque la défabrication, qui est aujourd’hui invisible dans son chifffre d’affaires (un peu plus de 1,5 M E à fin septembre 2001), devrait, s’il atteint les objectifs qu’il s’est fixé, peser 50 % des recettes d’ici à deux ans. " L’enjeu est d’autant plus important pour nous que cette diversification nous permettra d’être moins dépendants des politiques tarifaires des constucteurs, conclut le dirigeant. Rappelons que chaque fois qu’ils optent pour des stratégies agressives en la matière, et ne parlons pas des périodes de guerre des prix, l’achat d’occasion perd beaucoup de son intérêt. "

NATHALIE BOISSON